Mots…

Allégeance
 
Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n’est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus; qui au juste l’aima?

Il cherche son pareil dans le voeu des regards. L’espace qu’il parcourt est ma fidélité. Il dessine l’espoir et léger l’éconduit. Il est prépondérant sans qu’il y prenne part.

Je vis au fond de lui comme une épave heureuse. A son insu, ma solitude est son trésor. Dans le grand méridien où s’inscrit son essor, ma liberté le creuse.

Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n’est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus; qui au juste l’aima et l’éclaire de loin pour qu’il ne tombe pas?

René Char

A propos etoile31

Exister, Être, Vivre, Devenir, Prop-Oser, Réaliser, Enrichir, Aimer, Désirer, Échanger, Correspondre, Dialoguer, Choix, Libertés
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4 commentaires pour Mots…

  1. petale dit :

    J’ai croisé sur ma route, un navigateur de la toile qui m’a fait connaître cet auteur. Je ne saurais trop que l’en remercier. Depuis lors, à la bibliothèque je traîne dans les rayons et survole parmi les feuilles pour y trouver les traces de ce qu’il écrit. A cette époque lointaine de la découverte, je n’avais pas trouvé le chemin de la compréhension. Les ans passent et puis une petite étude de ce qu’il est me font davantage comprendre ses quelques textes que je lis en passant.

    • etoile31 dit :

      Cet auteur à transformé ma Vie,
      c’est l’histoire d’un sauvetage cérébral,
      en quelque sorte………
      Cela dit, j’ai connu quelques uns de ses proches,
      tous profondément marqués par cette extra-ordinaire personnalité,
      dont l’un d’entre eux orphelin a grandi « élevé » à Lyon,
      par Breton et Aragon.
      Me concernant, lire René Char est toujours comme une immersion……..
      un épanouissement…..

  2. iotop dit :

    Bon jour,
    « Dans les rues de la ville il y a mon amour. … Il n’est plus mon amour, chacun peut lui parler. » Encré à cœur et désancré au corps … pourtant ce lien de lierre me fait penser à : « on meurt la où l’on s’attache » …
    Max-Louis

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