Les Fées de Là-bas!

06.12.13-1

Les soirs de pleine Lune, elles quittaient la vallée pour rejoindre les plateaux et danser jusqu’au bout de la nuit. Les « fachilièiras » aimaient se baigner dans les gourgs profonds du Viaur. Leur seule crainte que le Drac, ce démon tentaculaire de l’eau, ne vienne chatouiller leur virginité. Elles désertaient les bords de la rivière, univers trop restrictif, pour s’en aller quérir quelques onces de libertés. Du moins leur semblait-il, là-haut sur le Ségala, au pays des ventres noirs. Ainsi, du côté de Vabre-Tizac, la légende des « fachilièiras » a-t-elle traversé les générations. Les « fachilièiras », des fées qui, du côté de Vabre-Tizac, ont même une source en leur nom autour de laquelle elles dansaient jusqu’à n’en plus pouvoir et jusqu’à plus soif.

Fées et farfadets
tumblr_inline_mr9jflk5vx1qz4rgp

Avant l’arrivée du christianisme, les habitants pensaient qu’une multitude de petites fées « clochettes » aidaient, sans que l’on s’en aperçoive, les paysans dans leurs tâches les plus rudes. Une fois que la nuit enveloppait l’espace, elles aimaient à se baigner dans les eaux dorées et froides du Viaur. On dit que lorsqu’elles peignaient leur chevelure d’or, elles arrachaient quelques cheveux qui donnaient alors à la rivière toute sa splendeur. Peut-être faut-il chercher dans ces vérités de la tradition orale la dénomination de la rivière sauvage.

Mais comme toujours, l’imaginaire populaire en a pris un coup dans les gencives, lorsque les certitudes du christianisme, imposées par les prélats, tintinnabulèrent. Les fées et autres faidits auraient été chassées des chapelles et des monastères implantés sur les rives. Lasses de cette traque, elles quittèrent le Viaur et ses habitants. Et peu à peu, il perdit son or.

556014_4692886160831_248056709_n

Cependant, l’une d’entre elles, on dit qu’elle se prénommait Flavie, refusa de quitter les havres des gourgs. D’un coup de baguette magique, elle devint bergère.

Le souffle de l’autan, qui en a vu d’autres, raconte encore qu’à la nuit tombée, elle courait retrouver les eaux sombres. Jusqu’à ce que les aléas de la vie aidant, elle convole avec le fils de la famille qui l’employait.

Dès qu’elle eut prononcé le « oui » fatidique, tous ses pouvoirs se noyèrent dans les eaux vives.

tumblr_lsq5wi92bz1qcecwvo1_500

Il paraît que certains après-midis de fortes chaleurs, sous Laurélie, dans les courants frais, les goujons s’amassent en bancs et esquissent les formes de la plus belle des « fachilièiras ».

Source : « La Dépêche du Midi » 

Le Viaur

Juste au-dessus de Laurélie, le brouillard dessine les contours du Viaur. Photo J.-P. C.

A propos etoile31

Exister, Être, Vivre, Devenir, Prop-Oser, Réaliser, Enrichir, Aimer, Désirer, Échanger, Correspondre, Dialoguer, Choix, Libertés
Cet article, publié dans Culture, Dance, Féminin Sacré, Humeur, MeWe, Multiple, Non classé, Rézos, est tagué , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s