Pensionnaires , Paul Verlaine,

Pensionnaires

L’une avait quinze ans, l’autre en avait seize ;

Toutes deux dormaient dans la même chambre.

C’était par un soir très lourd de septembre

Frêles, des yeux bleus, des rougeurs de fraise.

Chacune a quitté, pour se mettre à l’aise,

La fine chemise au frais parfum d’ambre.

La plus jeune étend les bras, et se cambre,

Et sa soeur, les mains sur ses seins, la baise,

Puis tombe à genoux, puis devient farouche

Et tumultueuse et folle, et sa bouche

Plonge sous l’or blond, dans les ombres grises ;

Et l’enfant, pendant ce temps-là, recense

Sur ses doigts mignons des valses promises,

Et, rose, sourit avec innocence.

Paul VERLAINE
1844 – 1896

A propos etoile31

Exister, Être, Vivre, Devenir, Prop-Oser, Réaliser, Enrichir, Aimer, Désirer, Échanger, Correspondre, Dialoguer, Choix, Libertés
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15 commentaires pour Pensionnaires , Paul Verlaine,

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