Mes Relations Ô Masculin, #1/4

Mes Relations Ô Masculin

Collection « Ecrits Personnels »

En raison d’une disponibilité exceptionnelle et suite à une relation épistolaire et sentimentale particulière une amie m’a passé commande de récits personnels ayant trait aux hommes qui m’ont marqué dans la vie.

Hommes Part One

Mes relations, avec les Hommes ont commencé avec le gravier, de la cour de l’Ecole maternelle… Le gravier parce que c’était jouer au chantier, les mains derrière le dos, avec nos tabliers uniformes…, et ce gravier rond, idéal pour le transport, dans nos mains en godets… Les filles d’un côté, les garçons d’un autre. Je ne me souviens plus très bien-même sur les photos de classe d’époque de ces compagnons de départ. Présents dans la vie, dans les regards des maîtresses et de leurs assistantes, sinon qu’ils étaient là, sinon qu’ils sont là et que certains de ces garçons sont de ceux avec qui je suis allé plus loin ensuite, dans la vie….

Assez rapidement, ce sont les voisins, les Hommes, voisins du domicile familial qui ont été les premiers présents, entouré que j’étais, par cinq femmes à la maison, avec un homme – mon père -, souvent parti, en déplacements…

Ces voisins, adultes et leurs enfants, plus ou moins âgés que moi. Ces Hommes qui tous, à l’inverse de mon père, exerçaient de durs métiers physiques, anciens mineurs e mutilés, ajusteurs, tourneurs, éleveurs, soudeurs, agriculteurs maraîchers, maçons, artisans, etc. L’un de ces voisins dont le bras avait été broyé s’était converti maraîcher, pensionné de la mine, au physique impressionnant, du fait de son bras et de son corps déformé par les compensations de son bras devenu inutile, et qui travaillait, qui travaillait les champs, les jardins, comme un valide, déformant chaque jour davantage son corps mutilé, voisin de proximité, dans mes Regards d’enfant… Cet autre Homme colosse de la nature, ajusteur, ouvrier d’usine à hauts-fourneaux…, et maraîcher aussi, en sus de son salariat pour des revenus complémentaires. Celui-là, en plus était « Saigneur », « Saigneur »(du mot « sang ») comme quelques autres du canton : Saigneurs de cochons, animaux d’élevages familiaux. En effet, ici, dans chaque maison de nos voisins, comme chez nous, chaque famille a alors son élevage : Poules, Lapins, canards, et…cochons…

De ma chambre, les samedis matins, il était systématique d’entendre hurler le cochon, animal bruyant et remuant que l’on extrayait de sa loge, tiré avec force par une solide corde de chanvre accrochée à son museau. Ces cris fascinants me conduisaient alors, jeune enfant, à faire les centaines de mètres qui séparait notre demeure isolée de cette maison du Saigneur jouxtant le cimetière, comme la notre… Là, dans la grange jouxtant la route autant que la cuisine familiale, par le portail ouvert, s’échappait déjà la vapeur d’une eau qui chauffait dans l’âtre de la forge de cet Homme mi-artisan-forgeron, mi-maraîcher-ajusteur… Colosse aux grands couteaux, lames effilées préparés professionnellement comme des rasoirs !, La difficulté était de maintenir le cochon sur l’autel du sacrifice, tous les hommes et les jeunes hommes suffisamment vigoureux présents sur place étant alors mobilisés… Très vite le couteau choisi par le Saigneur vient s’enfoncer dans la gorge, tirant un hurlement atroce de la gorge ouverte du cochon, de longues minutes…, qu’il faut alors faire mine de ne pas entendre, les Femmes commençant à s’affairer pour accompagner le dépeçage qui s’étirait jusque tard dans la journée… Enfants, nous aidions dans la mesure du possible, généralement affectés à la fabrication de la charcuterie…

Cet Homme là, ce Saigneur, était fascinant, il me terrorisait. Il était le Grand-père des enfants de la maison, les parents de ces enfants, pour d’obscures raisons vivaient au Nord de la France…..Le Grand-père exerçait donc l’autorité… C’est un euphémisme, car à la moindre incartade enfantine, on pouvait voir Le Colosse porter la main à sa taille pour dégrafer prestement sa ceinture de cuir, l’enrouler au poignet et approcher les enfants. Il m’est arrivé d’en prendre, cuisantes blessures, mais la priorité allait toujours à ses petits-enfants. Bon sang ! Ce qu’ils ont pu ramasser, un des deux frères a été retrouvé (adulte) un soir de ces dernières années, sur la pelouse d’un jardin public du village, la bouche et la gorge emplies de terre, ses ongles en sang d’avoir griffé des heures durant le sol, torturé par les affres du poison qu’il avait ingurgité – de la Mort Aux Rats – pour mettre fin à ses jours !! Raté ! Il se pendra quelques années après, il y a peu, vraisemblablement avec une de ces plus solides cordes qui servait à maintenir les cochons…

Le Grand-père, lui était parti, depuis longtemps, mort de vieillesse.Cette maison était gardée par des chiens, chiens de chasse, chiens de garde, tous totalement sauvages et maltraités à longueur de temps, chaque chien étant attaché à un anneau fixé au mur près de sa niche. Régulièrement, ils étaient tabassés, par le même Grand-père, tabassés à mort …! Un jour qu’un de ces animaux domestiques avait mordu un des enfants, j’ai vu entrer le grand-père dans la grange, ressortir avec une longe de chanvre, en passer un nœud coulant au cou du chien, le détacher de sa chaine, s’approcher du cerisier en fleurs devant la maison et passant une extrémité de la longe jetée par-dessus la branche principale, s’en emparer d’un geste vif et tirer un coup sec,., le nœud coulant serré violemment entraînant le chien vers les feuilles de l’arbre, les autres chiens se sont alors mis à hurler, l’exemple ayant été servi aux yeux de tous, en quelques secondes à peine !

(À Suivre!)

Voilà!

Comme le précédent ouvrage mis en ligne ‘vie aventurière au regard de vie sentimentale », la même personne qui m’avait demandé (au sens de commande) d’écrire sur ce thème là m’avait demandé d’écrire sur les personnalités masculines qui ont marqué mon existence…Voilà le premier épisode, donc, d’une série de quatre à venir.

Bien à vous toutes et tous,

Henri

A propos etoile31

Exister, Être, Vivre, Devenir, Prop-Oser, Réaliser, Enrichir, Aimer, Désirer, Échanger, Correspondre, Dialoguer, Choix, Libertés
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6 commentaires pour Mes Relations Ô Masculin, #1/4

  1. Gemssa dit :

    Tout une autre époque, et pourtant pas si loin que ça,
    merveilleusement bien contée.
    Heureusement que certaines pratiques n’existent plus,
    sous peine d’être dénoncées.
    Il y a quand même du bon dans l’évolution des meurs.
    Je me disais quelle mémoire pour pouvoir retracer ça avec autant de détails,
    mais certaines scènes ont de quoi choquer un petit garçon,
    et donc restées graver dans sa mémoire.
    Te connaissant, la suite de cet exposé sera plus douce et moins violente.
    Ton amie a eu raison de cette demande, qu’elle a du avoir en « prime » et en direct.

    • etoile31 dit :

      Voilà qui est bien agréable et de commencer la journée en te lisant….
      Merci du/des compliments, toujours bienvenus…
      Ces pratiques m’ont longtemps effrayées enfant, j’en faisais des cauchemars…., mais pas autant que du fait du cimetière qui était mitoyen de nos terrains et où nous jouions beaucoup…. Je ne sais de quelles « pratiques »tu parles, mais celles relatives à la nourriture sont malheureusement définitivement perdues au soit disant prétexte d’une hygiène qui a tout détruit depuis et en 3 décennies à peine. Celles relatives à l’esclavage volontaire, existent malheureusement de manière fortement aggravées et plus horribles que jamais depuis l’origine des civilisations…
      La mémoire a opportunément été activée part le fait de cette intime et féminine sollicitation amoureuse, mais aussi du fait d’une thérapie -TCC-EMDR) simultanée pour éliminer des sources de choc post-traumatiques qui a fait travailler en moi ma mémoire corporelle d’enfant sur une très longue période. Il m’a ensuite suffit de reprendre mes écrits d’enfant…. Chacun de ces écrits a été travaillé avec Elle, oui, ce fut beau et ardent, riche.

  2. Gemssa dit :

    Les pratiques condamnables dont je parle, sont celles de faire violence aux enfants.
    Après, il n’y a pas si longtemps que ça, le fait d’avoir des bestiaux élevés autour
    de la sainte maison, pour faire vivre la famille entière était courant. Le tout,
    c’était de ne pas faire souffrir la bête. (le saigneur).
    Ca partait du lapin, au poulet, et jusqu’au cochon et vache.
    Les temps ont bien changés…en peu de temps.

    • etoile31 dit :

      Effectivement dans ces milieux populaires au milieu desquels j’ai grandi les sévices infligés aux enfants était monnaie courante même à l’école…
      . J’ai le souvenir d’un copain à côté duquel j’étais assise en classe en CM2 qui était régulièrement attachée avec des chaînes et flagellé à côté de moi…. Flagellé par un instituteur qui le fera placer dans ce qu’on appelait à l’époque un centre de redressement…

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